Pour le festival des Expressifs, on a eu envie, avec la famille, d’aller se balader en forêt un dimanche. Histoire de sortir un peu, de voir du vert. Mes petiots et petiotes ont investit les sous bois et la rivière pour proposer au public une balade à l’affût des Loups du Clain. Et quand on est à l’affût, on découvre mille choses qu’on aurait raté en temps normal.

Je vous raconte ce dimanche.

Le rendez vous était fixé devant la Villa Bloch, à Poitiers. Sur place, le public de curieux.ses était accueilli par Bénédicte. Guide naturaliste pour la journée, passionnée par les loups. Pour preuve, elle portait son t-shirt de « loup chantant au clair de lune » préféré et avait concoctée une playlist référencée de « loups » pour mettre tout le monde dans l’ambiance. Après une bonne dose de données factuelles et passionnantes sur l’animal et un cours de hurlement lupin, le voyage pouvait commencer.

 

Très vite, le chemin se transformait en un sentier au cœur des bois, c’est ici que règne l’esprit de la forêt. Il est apparu au public sous la forme de deux êtres : le dragon et le serpent. Comme tout le monde, l’esprit de la forêt a ses propres tracas, ce qui fait qu’il(s) n’était pas capable de se mettre d’accord sur le bon chemin à indiquer. La descente vers la rivière fût ponctuée de découvertes : là un Autel en l’honneur du Loup, ici quelques déchets radioactifs plus ou moins bien stockés, plus loin un groupe de gens occupé.es à faire leurs besoins en pleine nature.

 

Les bruits de la nature sauvage résonnaient sous les arbres: oiseaux, chèvres, tigre, éléphants, kookabura, dauphins.

Bénédicte a proposé un petit rituel de remerciement aux Pollinisateurs à base de don de miel. Fait rare, une reine abeille est apparue sur sa trottinette électrique pour venir chercher son dû, cigare en bouche, sans un sourire, sans un merci, l’émotion sans doute.

Quelques pas plus loin, Yaoundé, le gorille star de la vallée des Singes se trouvait bloqué sur une branche à quatre mètre d’altitude. Son appétit pour une banane trop haute l’avait poussé dans une situation où seul l’aide du public pour le rattraper était son salut. Une fois Yaoundé sain et sauf, Bénédicte proposa un cri de loup collectif, histoire de voir s’ils étaient là. Et oui ! Des hurlements venants de toute la forêt retentirent en réponse au public. Hurlements qui attirèrent aussi l’Ermite du coin : le Druide invita tout le monde à goûter sa nouvelle recette de tisane. La solitude en milieu sauvage ayant bien marquée le brave homme, jamais le public n’a pu voir cette tisane, son esprit passant son temps à jouer à saute mouton avec ses idées. Bénédicte, qui connaît le personnage a préféré ne pas traîner de peur d’y être encore à la nuit tombée.

 

Au bord de la rivière, une plage nudiste fréquentée par trois jeunes gens attendait les baladeur.euses. Et surtout, des poils de Loups jonchaient le sol. Aux deuxième appel hurlé du public, des êtres mi-humains mi-loups sont apparus, curieux.ses. Là, un chasseur agacé de voir tout ce monde sur son territoire de chasse voulu en découdre avec l’assistance. Assez vite, il s’est retrouvé à l’eau, légèrement poussé par Bénédicte et le public excédé par les mensonges et les reproches de ce soit disant « premier écolo ».

 

Bénédicte invita l’assistance à faire un crochet pour dire bonjour à des copines. Le lieu n’étant pas conseillé pour les plus jeunes, les enfants ont pu rester avec le Père Noël titulaire du Bafa qui tombait justement à pic.

Au milieu d’une clairière, le public se retrouva en plein lendemain de Sabbat. Les femmes présentes avaient passées la nuit à ritualiser et jeter des sorts. Malgré la fatigue, elles purent faire une belle démonstration d’incantation puissante. Une femme du public parti même en transe.

 

Le chemin jalonnais maintenant la rivière. Tout le monde pu constater la vivacité de la faune : poule d’eau sur bateau gonflable, surveillante de baignade, dame pipi, camp de gillets jaunes (où Yaoundé a élu domicile) et même une livreuse Deliveroo cherchant désespérément le n°46.

 

Un temps fût pris pour profiter de ce que la Nature avait à offrir. Une partie de cueillette dans les sous bois procura à toutes et tous quelques bananes, noix de coco et autres racines de manioc.

 

Arrivés presque au terme du voyage, les participant.es purent communier avec l’esprit de la forêt. Communion guidée par, consécutivement, un faux-marabout et un prof de sophrologie sortis de l’eau. Les yeux bandés, ils et elles pénétrèrent le sanctuaire des loups où les attendait une meute.

 

Ah mes enfants ! Cette grande journée, c’était quelque chose ! Grâce à la motivation de toute ma famille présente (qui s’agrandit de plus en plus) on a pu s’amuser et décrocher de la vie urbaine quelques instants.

A bientôt en forêt !

Arlette

 

crédit photos : Sylvia Vasseur et Benoît Roche