La première semaine de février entre 18h30 et 19h30 (sous couvre feu), un Krieur céleste a déambulé rue de Rochereuil à Poitiers, . Y avait du Moreau là dedans, Arlette et le K vous raconte tout ça :

 

Ça y est est, c’est arrivé ma bonne Arlette. Il fallait bien ceci dit. C’est la période qui le veut…..enfin c’est ce que je me suis dit au départ quand j’ai su que j’étais un cas contact. J’ai commencé à pétocher, à avoir les genoux qui jouent des castagnettes. Je me suis dit qu’à force de faire des spores, j’avais du chanter ou parler trop près de quelqu’un mais la vérité, c’est que je suis un K contact. Et ça, c’est bien plus joli.

  Le « K », je l’ai rencontré par hasard en me baladant. Un drôle de personnage, accompagné de son K-dis. Il était 19h et il était debout sur un banc public et il criait les pensées des gens. Il les gueulait fort pour éviter la k-rantaine des cerveaux qu’il disait.

« Tu vois Arlette, je veux reconnecter le monde au réel, au tout chaud, à ce qui révolte, à ce qui émeut, à ce qui débat, à ce qui rapproche. Les pensées c’est comme des rivières et moi qui ne suis qu’un sot, je les récolte et je les offre, j’en fais des jolis K-deaux. »

  Il m’a fait rire le K avec son attirail de clochard. On dirait qu’à force de dormir à la belle étoile, il voudrait nous en remettre dans nos coeurs. Alors comme je connaissais quelques copains rue de Rochereuil à Poitiers, je lui ai dit de venir crier chez nous, histoire de faire passer le couvre-feu un peu plus vite, histoire de rallumer notre flamme avant qu’on s’égare dans le froid de nos solitudes dématérialisées.

Ce jeudi soir, le 4 février, on a ouvert les volets et les portes rue de Rochereuil. Dehors, le K balançaient ses cordes vocales sur le pavé. Faut voir comme ça ricochait. Ça venait se coller sur les sourires, ça faisait de belles étincelles sur les montures de lunettes et sur les boucles d’oreilles et ça faisait rire les enfants. Dans son K-dis, il avait en stock toutes les poésies et les élans du voisinage, les tristesses aussi et puis les réjouissances, des contes, des recettes et des clins d’oeil. Il était 18h30 passé et le K a transformé le couvre-feu en foyer. Toute la rue est devenue un foyer. Notre foyer.

 

Parole d’Arlette, c’est un sacré magicien ce K